mercredi 14 mai 2008

Ouh là là c'est haut!

Si jamais vous passez par Zion, ne ratez surtout pas cette ballade.

Cette journée était propice. Nous décidâmes donc qu'un peu d'activité ferait le plus grand bien à nos corps ramollis par l'ambiance émolliente et pernicieuse des lieux de perdition que nous avions traversés: la sulfureuse Las Vegas avait vidé nos bourses et nous laissait sur les rotules, comme hébétés par son tourbillon de strass, de luxure, et de vaine démesure.

En avant, donc, les enfants devant, les parents derrière. Les immensités sauvages n'attendent que nous. Sacs à dos, pique-nique, crème à bronzer, guides.
Les indiens n'ont qu'à bien se tenir!
Première excursion: Emerald pools. Des cascades, des vasques rafraichissantes, un sentier simple à flan de falaise qui s'arrête trop tôt. Le retour (après un roboratif pique-nique cheddar/burritos alliant exotisme et diététique) fut rapide.



Nous revoilà donc dans la vallée, consultant nos guides devant un écriteau évocateur: Angel's landing 2.7 miles. Le routard conseille enthousiaste. Le michelin ignore. Le dilemme fut à la hauteur de la passion des débats. Ca va être trop long! Ca va être trop beau! C'est plus l'heure. Je veux faire la sieste. Je veux manger une pizza!!!
Illumination soudaine, je prends les enfants à part. Cinq pré-ados et autres teen en devenir, déjà fatigués de marcher. La partie n'était pas gagnée. Le lieu est certainement magique, des ondes extraordinairement positives les ont convaincus qu'ils se souviendraient de cette ballade toute leur vie (et à douze ans, toute une vie, c'est drôlement long). Bref les enfants sont partants.
A fond...

Les parents suivent, lièvre et tortue. Depuis La Fontaine, on sait bien qui va gagner.
C'était sans compter sur les ressources que les jeunes drôles cachaient soigneusement. Même lorsque le sentier, de pentu devint carrément abrupt, ces trolls conservaient un rythme à faire défaillir un marathonien. Guillaume aurait couru si je ne l'avais pas retenu. Marie lui gambadait après. Tristan, après un coup de ventoline tout à fait préventif, se mit à voler sur la piste. Sarah ouvrait la marche, talonnée par Pauline imprimant toutes deux à notre cortège une cadence proche de l'infernal.
Derrière, les tortues n'en croyaient pas leurs yeux. Comment ces rejetons pouvaient ils réussir ce tour de force? Rachel (gym tous les jours, au top de sa forme) et Yo (la sagesse de la quarantaine épanouie, zen détermination) s'époumonaient vainement dans des invectives désespérées: "Attendez nous, les enfants".
Fi, la jeunesse insolente n'en avait cure et, galvanisée par les déchirants appels de ses parents, elle aurait même accéléré.

Mais comment, me direz vous, comment fut-ce possible?
Je vous sens dubitatif et pour tout dire pas du tout convaincus par ma théorie des bonnes ondes du lieu. En fait, aux bonnes ondes, j'ai aussi ajouté une promesse:
Le tonton euphorique: " Si vous montez, je vous offre ce que vous voulez: un souhait chacun"
Les neveux vifs comme l'éclair: " Waouuh tonton, même une PS3?, une Wii?"
Le tonton carrément pingre: "Euh, non, quelque chose de mieux: un truc à manger ou à boire"
Les filles toujours finaudes: "Ok, mais alors à manger ET à boire"
Le tonton qui s'en tire bien: "Top là"
Les enfants tous ensemble: "Ouais super! On pourra prendre un coca super géant? Goûter la Root beer? Avoir une glace? Un hamburger? Une pizza?"
Et suite à ce dialogue, on n'a plus vu que la poussière sur le sentier.

lundi 12 mai 2008

Zion National Park : plein les mirettes

Zion est un long défilé encaissé d'à peine 8 miles, creusé par la Virgin River depuis 13 millions d'années . Il se termine par un cul de sac. Les falaises sont impressionnantes, avec des parois verticales dont la hauteur oscille entre 600 et 900 mètres. Ce canyon se découvre en levant les yeux contrairement à Grand Canyon qui se contemple depuis le bord de la Rim (falaise). C'est un paradis pour les randonneurs et il y en a pour tous les goûts!



Une petite route serpente au fond du canyon. Depuis la fin des années 90 , un service gratuit de navettes, géré par le National Park, transporte les visiteurs de site en site, c'est très bien fait, très organisé et cela évite les bouchons et la pollution du site.



De dimension humaine, Zion est étroit, très différent de l' immensité, de l'empilement des couches et des couleurs de Grand Canyon.
Ici, de larges couches aux coloris soit sable, soit rouge, avec l' omniprésence étonnante du vert végétal: et oui, dans ce canyon plutôt hospitalier, une végétation abondante ombrage les bordures de rivière et les résineux s'accrochent aux parois.


Les chemins de randonnées sillonnent la vallée avec des cascades glacées alimentant des pools (emerald pools trail), des falaises abruptes, des points de vue extraordinaires (Angels 's landing) qui se méritent...






Explication du paysage:
Sur le plan géologique, Zion est aussi très fascinant.
Il y a 175 millions d'années, de grands vents d'Est ont déversé sur cette région d'énormes quantités de sable. Vents, chaleur et aridité ont donc contribué à la formation d'un énorme désert de sable comparable à celui du Sahara à un détail près: ici les dunes faisaient 1000 mètres de haut!


Puis quelques millions d'années plus tard, ce désert a été recouvert par un océan : des sédiments marins riches en fer se sont déposés par dessus le désert et l'ont comprimé jusqu'à le transformer en formation rocheuse de couleur jaune.
Mais c'est pas fini: il y a 6 millions d'années le plateau du Colorado s'est brutalement soulevé, émergeant toute le région y compris Zion. Depuis, le vent et l'eau (de l'insignifiante petite rivière qui coule toujours au fond du canyon) ont fait leur travail d'érosion, découvrant les couches colorées en commençant par le haut (le rouge des sédiments marins), puis le jaune (des sables du désert).
Et c'est ce qu'on déouvre aujourd'hui, c'est très beau.
J'adore ce tournis que donnent les temps géologiques.

dimanche 11 mai 2008

Grand Ouest le retour

Pour cette nouvelle aventure printanière dans le Grand Ouest, nous avons fait une boucle
Las Vegas (escales hyper luxe au Venetian à l'aller et au Mirage au retour),
Zion National Park(Balades à pied au fond du canyon),


Lake Powel (Balades sous terre et sur l'eau), Grand Canyon (Balades sur le haut de la Rim) , traversé l'ARIZONA, L'UTAH et roulé sur la route 66 avec un arrêt dans un lieu improbable genre bagdad café! En route, on abandonnera l'idée de Bryce Canyon à cause des conditions météo très mauvaises.

Notre périple fut d' environ 700 miles. Nous sommes répartis en 2 RV.
A bord de ces véhicules: les Jouan (Tof, moi, Marie, Sarah et leur cousin Tristan), les Hervault et Maman.


Le soir c'était Ribs au BBQ et chamalows grillés: typiquement américain!


mardi 6 mai 2008

Arizona, le retour

Avant de tout vous raconter,on voulait vous montrer les photos:

Le slideshow (animations, couleurs, musique: la totale:
http://www.dotphoto.com/Go.asp?l=christophe%2Ejouan&P=&SID=209680&Show=Y


Les images à votre rythme:
http://www.dotphoto.com/Go.asp?l=christophe%2Ejouan&P=&AID=5236181&Pres=Y

On vous raconte tout en détail bientôt, c'est promis
Las Vegas, Zion, Lake Powell, Gran Canyon et toutes ces sortes de choses sous le soleil du printemps.

mardi 8 avril 2008

L'anniversaire de Marie

Le vendredi 21 Mars, c'était mon anniversaire et j'ai eu 11 ans.



J'ai invité mes copines le soir pour un sleep-over (pyjama partie), nous avons regardé le "5 ième élément" sur le vidéo-projecteur. On a fait les dingues toute la nuit toutes dans le même lit. Finalement on s'est couchées à 3 heures du mat.


Le lendemain matin, nous sommes allées à Strike Bowling Bethesda.




On s'est très bien amusées sauf que la nourriture (regardez la photo) était très américaine.


En rentrant on était très excitées.



Alors je vous montre les photos

lundi 7 avril 2008

Paule à la découverte du Mall






Maman est arrivée jeudi dernier pour 3 semaines de détente et de découverte de l'Amérique.
Dès samedi, incontournable balade sur le Mall avec Washington Monument (l'Obélisque, le plus grand bâtiment en maçonnerie du monde à l'époque de sa construction), le Congrès, la Maison Blanche (à cette occasion la blague de la journée "une bise pour Bush, une bouse pour biche"!) ces images si familières que nous avons tous en tête.

Le Mall était totalement overcrowded because le "cherry blossom festival", fête de l' éclosion des bourgeons de cerisiers (offerts pas le Japon à la ville de Washington au début du 20 ième siécle, une véritable merveille florale qui attire chaque année pas moins de 500 000 visiteurs.

Visite du Museum d'Histoire Naturelle (le préféré des filles) et des salles impressionnistes de la National Gallery: les bretonnes n'ont pas pu s'empêcher de faire écho aux danseuses de Gauguin sur une idée de vous devinez qui, avant contempler celles de Degas.

mardi 25 mars 2008

Monument valley







Arrivée dans le parc géré par les Navajos avec un temps frois et couvert: on est en territoire tribal avec sa population d'Indian-americans, ses lois, ses coutumes qui se surajoutent aux lois de l'Arizona.

Là encore, nous sommes les seuls touristes sur le parking, il a plu, la piste est impraticable pour notre gros camion, alors les garçons négocient la visite en camion à 25 dol par personne (au lieu de 50, c'est la loi du marché et là, il n'y en avait pas!).

Et nous voilà partis avec un guide Navajo qu'on ne regarde pas dans les yeux s'il vous plait.
Seuls dans cet univers rouge, le soleil se lève en quelques minutes.
Et l'impression d'un paysage familier (western oblige) mais avec une beauté, une pureté voire une religiosité époustouflantes!


Chaque mesa a un nom indien et un nom américain: l'éléphant, le chameau, les 3 soeurs, les danseurs, la mère et l'enfant, John Ford Point... où Marie enfourche un cheval pour la photo!



Et notre Navajo qui se met à parler de ce lieu riche en légendes et propice à la méditation.
Il nous raconte la vie sur Monument Valley, il nous demande ce qu'on fait là-bas en Europe.
Mais nous on reste muets, comme frappés de stupeur par ce lieu magique alors on ne lui répond pas, on boit le paysage et ses paroles.

Intermède culturel: le parc est encore habité par 9 familles soit 180 personnes qui vivent dans des maisons en ossature bois (qui vient de très loin) recouvertes de terre rouge (rondes pour l'habitation, rectangulaires pour le stockage et triangulaires pour le sauna). Chose étonnante, l'alimentation végétale est cultivée sur le sommet fertile des mesas: maïs, abricots, pêches... Toutes les plantes ont une utilité dans le désert pour la médecine, les colorants, les aromates mais seules les femmes connaissent les recettes ancestrales. Des sources secrètes entretiennent la vie qui est économe, adaptée, optimisée. Les moutons sont la source principale de viande.
Visite d'une habitation traditionnelle et apparition étrange d'une très vieille dame de 98 ans, bijoutée, qui nous fait une démonstration de filage de la laine avec une belle dextérité... contre un dollar par personne et le droit de la photographier (ce que nous n'avons pas fait).
Visite d'un lieu sacré avec pétroglyphes datant de 2000 ans, situés sur une falaise rouge à l'abri des vents et des ruissellements. Notre Navajo nous joue un air de flûte, c'est très beau, nous sommes sous le charme.



Bref, un moment inoubliable pour nous tous, un lieu où l'on a envie de revenir pour marcher, monter sur les mesas (c'est possible sur 2 jours, avis aux amateurs) et perdre son regard dans la contemplation. Comme dit notre guide, c'est la plus belle cathédrale du monde!

lundi 24 mars 2008

Grand Canyon

Après avoir récupéré notre spacieux RV et fait les courses chez Walmart, départ vers Grand Canyon Village. Première surprise, un ranger nous contrôle avant de passer sur le barrage de Hover Dam pour vérifier que nous ne transportons pas d'explosifs, oui oui c'est pas une blague!
Le plus drôle, ça a été sa tête devant la soute du RV: les bouteilles de vin sud-américain et californien, de la bière, bref du pur produit prohibé. Heureusement, il était d'origine irlandaise et il s'est finalement mis à sourire en reconnaissant des bouteilles de killians "good beer, isn't it?

Peu à peu nous nous retrouvons comme ça l'air de rien sur les fameux hauts plateaux désertiques qui ont été creusés par le grand colorado. En fait il fait nuit noire, on devine le paysage, nous sommes seuls sur une route toute droite, la neige nous accompagne et donne un caractère surréaliste à notre voyage. Arrivée à 11h30 du soir. On s'installe à notre place... dans 15 cm de neige. Et là, nous savourons comme il se doit la bouteille de champagne offerte par Frank et Inès avant de nous écrouler, sonnés par les premiers jours sans sommeil et le microbe qui circule (Sarah puis Marie puis les Perrots, seul Christophe sera épargné!).
Le lendemain, lever aux aurores, je trépigne d'enfin découvrir cette merveille de géologie et d'histoire de la terre. Seconde surprise, nous sommes dans une forêt car le Colorado est bordé d'arbres!

Comme les parcs nationaux sont super organisés, nous montons dans un bus qui nous amène au premier point de vue, Yuapai Point. Nous nous précipitons vers la falaise: et là, le choc face à l'immensité du paysage, la beauté sauvage, l'empilement des couches colorées (depuis 60 millions d'années, la rivière creuse patiemment son lit dans les couches géologiques, découvrant à notre regard une histoire de 1,8 milliards d'années par endroits).




Le vertige de la vue (dénivelé vertigineux de 1300 m, 10 à 20 km de large) couplé au vertige du temps (les fameux milliards d'années), nous sommes tous subjugués malgré des conditions météo, il faut en convenir, plutôt médiocres (on est à 2200 m d'altitude). Balade à pied le long de la "Rim" et des exclamations tous les 100m devant tant de beauté.




L'après midi, balade en RV vers Desert View Drive, sur une route d'une vingtaine de miles avec 5 spots magnifiques.
A Lipan Point, on voit la roche Vishnu au fond, âgée de 1,6 à 1,8 millirads d'années. Moi ça m'a vraiment touchée cette confrontation avec l'histoire de la terre!









Apothéose à Desert View: on découvre le Colorado au fond, la faille, le plateau derrière sur des dizaines de km et Little Colorado River, sous un ciel tourmenté et les giboulées de neige qui arrivent.
Bref, c'est à couper le souffle et ça donne furieusement envie d'y revenir par beau temps pour descendre au fond mais là, c'est une autre histoire car il faut 2 jours et la remontée dure 8 heures pour de bons marcheurs avec 5 litres d'eau sur le dos... Autres options, l'hélicoptère ou le rafting pour une prochaine fois?

Sinon en vrac:
- sur ce plateau à cette saison, le temps change toutes les 15 minutes, on a tout eu, pluie, soleil, vent, neige.
- les seuls oiseaux visibles sont d'énormes corneilles bien noires bien sinistres et qui nous font bien comprendre que c'est leur territoire
- on a fait la rencontre avec un coyote pas farouche
- cette région a été peuplée assez tôt par les Hopi (indiens agriculteurs qui furent exterminés par les Navajo guerriers chasseurs-cueilleurs). Mais on a retrouvé des statuettes en bois tressé enfouies au fond d'une grotte sur la falaise, sans autre trace de vie sur place: Grand Canyon lieu sacré des premiers hommes ayant foulé ces espaces?
- on était quasi seuls dans nos balades... sachant que l'été, il y a 2 millions de visiteurs!

samedi 15 mars 2008

Un philharmonique dans une boite à chaussure


"Chérie ce soir, tu annules tout, je t'emmène en Amérique du Sud."
Et, en plus, je l'ai fait puisque nous sommes sortis voir un concert à l'ambassade d'Uruguay!!.
Au menu, on avait du tango moderne et classique.
Le tout interprété par l'orchestre philharmonique panaméricain.

La salle était assez surprenante: toute en longueur, basse de plafond, une acoustique pas fabuleuse, et surtout, pas vraiment la place pour un orchestre.
C'est pas grave, on va pas se laisser arrêter par des détails, on le fait quand même.
Le piano 1/4 de queue (comment l'ont ils monté ?) est casé dans une alcôve, les violoncelles sont quasiment sur le piano, les violons manquent de s'embrocher à grands coups d'archets rageurs, les bandonéons sont sur le balcon, et la contrebasse est sur le pas de porte!
Quant à la chanteuse, elle piétine avec jubilation les pieds des VIPs du premier rang.

Malgré ces conditions moyennes, le charme a opéré. La magie des envolées des bandonéons, ou les respirations des basses? Je ne sais pas mais on a adoré.
On vous met même un petit extrait parce que l'Amérique du Sud, c'est pas mal non plus!!