dimanche 27 décembre 2009

Sites Mayas: Notre tiercé gagnant

Comme par hasard, les 2 premiers sont majoritairement en pur style Maya et nous les avons visités dans d'excellentes conditions, accompagnés d'un guide rien que pour nous (nous les avons d'ailleurs épuisés avec nos questions "challenging" et nos pourquoi et comment): bref, la délicieuse impression d'avoir ces 2 endroits magnifiques, imposants et mystérieux rien que pour nous. Un truc à retenir: arriver tôt car à partir de 11 heures des hordes de touristes sont déversées par des bus en provenance de Cancun.


Le top du top: UXMAL



Nous avons aimé UXMAL pour les ornementations qui sont superbes. Le site est immense. Restaure a l'identique (entre 50 et 70 pour cent), on peut visiter le palais (120 m de façade), admirer le jeu de pelote, flâner dans le carrés des nonnes (notre préféré), ou escalader la grande pyramide et contempler les alentours entièrement recouverts d'une foret dense ou l'on devine des tumulus qui sont sans doute des sites encore a réhabiliter.. A l'arrivée, face à la pyramide, on tape dans les mains et le cri d'un oiseau sacré nous répond (le même que celui de Chichen), ils étaient forts leurs architectes!











Du haut de la pyramide, nous contemplons tout le site, vrai moment de sérénité. Des autrichiens rencontrés plus tard se sont faits attaquer par des guêpes tueuses à cet endroit 2 jours plus tard et ont du dévaler les marches à toute allure, abandonnant appareils photos, sacs à dos... Ouf, nous y avons échappé!















En deux COBA
Nous avons adoré COBA.
C'est le plus grand site Maya connu avec 70 km carrés, seulement 1% des 6500 édifices sont dégagés de la gangue épaisse de la jungle.
Chaque monticule que l'on devine à travers la végétation est un édifice qui conserve ses mystères ... du boulot pour les futures générations d'archéologues!


Et surtout ils ont tout compris: on découvre les premiers batiments dès l'entrée (dont un jeu de balle en excellent état et des stelles gravées, ici seulement), puis on prend des vélos ou des "taxis brousse" (des tricyles) et on s'en va de "bon matin sur les petits chemins" à la découverte de 3 autres édifices dont la plus grande pyramide Maya (42 mètres et 113 marches) sur laquelle on peut encore grimper (privilège rare, dans un an c'est terminé).

De là-haut, on découvre la jungle à perte de vue, un seul un temple émerge de la forêt! Un très beau moment plein de charme exotique tous les 3 (Tof, Marie et moi), Sarah ayant jeté l'éponge ce matin-là because la tourista barbouillage. En sortant, le parking était plein à bloc et nous sommes partis nous baigner dans une cénote sous-terraine.


















En trois CHICHEN ITZA:


Quant à Chichen Itza, le site le plus célèbre et le plus visité du Yucatan, et bien, nous avons moins aimé pour 3 raisons:
- la visite est totalement perturbée par les "marchands du temple" qui envahissent absolument tout le site pour vendre au touriste toute sorte de souvenirs mayas qui ont au moins l'avantage d être fabriqués sur place (c'est un peu comme les télés dans un resto: le regard est sans cesse attiré par l'écran et il faut lutter pour s'en sortir)
- l'influence toltèque est très présente et les sacrifices humains, mêmes rituels, c'est lourd à la fin!
- le monde, c'était dimanche, jour gratuit pour les mexicains, ce qui est une bonne initiative en soi mais ne nous a pas permis pas de mesurer la force du lieu.
Ceci étant nous y avons quand même passé 6 heures! A noter que l'observatoire astronomique a laissé les ingénieurs de la NASA cois!






En conclusion, ces cités pré-hispaniques du Yucatan nous ont laissé une impression forte et mystérieuse. Les moyens économiques et humains déployés par cette civilisation pour construire cette pléthore d'édifices dans chaque cité nous ont semblé démesurés. Un de nos guides nous a peut-être donné la clé: c'était une théocratie vraie!...

samedi 26 décembre 2009

Au fait vous y connaissez quelque chose, vous aux Mayas

En gros, il était une fois une civilisation pas trop guerrière, plutôt orientée vers le négoce qui s'est mise a construire a partir de 600 des sites sacres aux quatre coins du Yutacan, du Chiapas, du Guatemala et du Honduras.


Ces cites ont prospere en commerçant assez paisiblement avec leurs voisins entre 600 et 900 (apogée de la culture Maya).














La société Maya était une véritable théocratie: le sort des hommes dépendait de la relation de ses prêtres avec les dieux et en particulier avec celui de la pluie (Chaac) car dans le Yucatan, la disponibilité de l eau dépend exclusivement de la pluie. Ici pas de fleuve l eau traverse un sol calcaire et forme des réservoirs naturels ou cenotes qui permettent de puiser l eau a la saison seche. C est pourquoi le dieu Chaac est le dieu le plus venere et il est omniprésent a UXMAL, LABNA, COBA et d autres au nous n avons pas visite. Il est represente sous la forme d une tete très abstraite et géométrique en pur style PUUC. On adore cette architecture épurée, très cubiste en fait.











Mais voila, c est pas si simple, on découvre aussi que sur les bâtiments les plus récents, notre Chaac cohabite avec le Quetzalcoatal des aztèques, le fameux serpent (la terre et la fertilité) a plumes (l air) avec sa sonnette que l'on voit ci contre.
En effet, a la fin du premier millénaire est arrivee du nord une peuplade tolteque dont l'influence sur certains sites , particulièrement a CHICHEN ITZA, est très visible.
















Ces tolteques, proches parents des aztèques de Mexico étaient plutôt guerriers et pratiquaient volontiers des cérémonies sacrificielles ou dominaient divers raffinements comme la décapitation (classique) ou l'arrachage de coeur (plus original) ou la précipitation dans les puits sacres. Les victimes étaient généralement choisies dans les rangs des prisonniers de guerre (qui avait pour vocation d alimenter en chair fraiche les sacrifices humains) ou même dans certains cas dans leur propres troupes!
Ci contre des cranes empales sur pics, et plus haut, vous aurez reconnu un aigle devorant un coeur encore fretillant. Un peu gore, non?









L'arrivée des tolteques semble s'être faite en douceur et la culture aztèque a été intégrée aux rites mayas anciens.
Du coup, les motifs des frises reflètent diverses influences a des endroits différents: frises géométriques sur les frontons pour les Mayas, frises réalistes en sous bassement pour les tolteques, Mais toujours des pyramides a etages, plutôt ovales pour les Mayas, carrées pour les tolteques.






















A l arrivée des espagnols, toutes ces cites religieuses avaient été abandonnées pour des raisons qui sont longtemps restées mystérieuses: aujourd hui les archéologues sont quai unanimes pour incriminer une très longue période de sécheresse qui a été fatale aux prêtres car le peuple n a plus trouve drôles les sacrifices massifs pour faire venir une pluie de plus en plus rare: revoltes, migrations, guerres intercites on ne saura sans doute rien des détails car les espagnols détruisirent tous les témoignages écrits de la culture maya et seuls quelques codex subsistent dans 3 grandes bibliothèques occidentales et dans des collections privées.

Et c'est la que les guides sont forts, car ils ont tous des théories différentes. Depuis les extra-terrestres jusqu'aux hommes des cavernes, sortis des grottes pour directement construire des pyramides, on peut entendre tous les délires.





Meme les explications du jeu de balle ne sont que des interprétations de glyphes et des suppositions très hasardeuses.
Selon certains, le jeu se joue a 7, pour d'autres il se joue a deux.
Comme c est un jeu sacre, donne le privilège d être egorge a Uxmal, d avoir la verge percée a Coba et d etre decapite a Chichen-Itza.
Quant aux regles, impossible d'avoir le commencement d'un consensus. Ilsemblerait que faire passer la balle de caoutchouc de 4 kg dans ce trou a coups de hanches, de coudes, ou d'epaule etait un exploit cosmogonique. Ca meritait bien un ch'tit sacrifice.







Bref, on ne sait rien.
Et les mayas actuels non plus.
Car les mayas existent encore! Notre guide a Coba nous a fait remarquer son nez crochu comme sur les représentations des stèles de cette cite, la langue est toujours pratiquée, y compris par les jeunes, alors au elle n est pas enseignée a l ecole.
Elle s'écrit et le maya-revival fait partie du Mexique actuel.
Que les colonisateurs iconoclastes se le disent, on ne détruit pas une culture ancienne aussi facilement. Il nous a semble que les guides Mayas que nous avons bombardes de questions n aimaient pas beaucoup les tolteques...


Mexique 2: premiers mayas

Partis de Valladolid vers midi, nous voila cheminant sur les petits chemins de traverse.
Découvertes de villages très isolés au mieux de jungles retirées, peuplés de mayas vraiment mayas.
Les femmes portent la tenue traditionnelle que nous avions entr'aperçu a Valladolid. Robes blanches immaculées ornées de deux bandes de motifs floraux colorés.



Les maisons traditionnelles sont composées d'une pièce ovale en murs de torchis recouverts d'un toit de feuilles de palmes séchées.
Deux portes. Pas de fenetres. A l'interieur, des hamacs.
Pour les plus riches, ces maisons traditionnelles sont reconverties en annexes de stockage et abandonnées au profit de maisons de parpaings, modernité oblige.










Au milieu de nulle part, plus d'essence.
Un passant nous indique une station la bas, derrière la voiture noire…
De prime abord, y'a pas des masses de pompes.
En fait, un écriteau suggere "gasolina 8,5 pesos per litro".
Dans son hamac, un maya impassible attends le chaland. en faisant la sieste.
Une fois réveillé, il sort avec une bouteille d'eau remplie d'un liquide orange et d'un tube fixé au bout d'un entonnoir.
Il nous verse une dizaine de litres dans le réservoir.
On espere juste que c'est de l'essence!
La panne dans la jungle, ça le fait pas

Finalement, ça passe nickel et on arrive au marche de Oxaxaxalab (jamais pu le prononcer).
Un poulet grillé excellent, puis la route PUUC, nom donne au style architectural spécifique de la région.

Il nous reste trois heures avant la tombée du jour.
Largement assez pour visiter nos premieres ruines.
On commence volontairement par les moins renommées.
On se la fait crescendo.

A Labna nous découvrons un palais de 70 pièces, entouré des restes d'une pyramide et d'une arche monumentale.
C'est un réel choc de constater combien la réhabilitation des sites est réussie et nous immerge dans la ville ancienne.
Pour un peu, on se prendrait pour des dignitaires mayas empruntant apres leur cacao matutinal le sacbe (chemin en maya) menant au lieu de culte .
Le style puuc se caracterise par des ornementations a partir du premier niveau. Généralement basées sur des motifs géométriques ou des colonnades. Ici, on est dans l'archétype du plus pur puuc.
En sortant, un magasin souvenir nous propose une statue maya-suthra qui nous a beaucoup plu, voir ci dessous…



On continue, la curiosité attisée par cette mise en bouche. Et on arrive a Kabah.
La, nous disposons de vingt minutes avant la fermeture.
On prendra finalement beaucoup plus pour visiter le palais et ses alentours.
Des marches des plus raides nous amenent sur une plate-forme qu'on imagine sacrificielle car elle domine un espace monumental.


De la haut, nous découvrons une vaste esplanade entourée de plusieurs temples ornés de magnifiques statues. Beaucoup d'entre elles ont un appendice en forme de trompe dressée vers le ciel. Non, il ne s'agit pas d'un symbole phallique de base, mais de la représentation du dieu Chac, la divinité de la pluie.










Le temps d'admirer deux somptueux guerriers, un coup de sifflet retentit en maya.
C'est l'heure de la fermeture.











Dernieres photos avant de quitter le lieu de ce premier contact magique avec les ruines mayas que nous découvrons totalement seuls, faute a la grippe H1N1 et a la crise US.

jeudi 24 décembre 2009

Mexique 1: premier contact


Ca y est!!
On est arrives chez les mexicains.
Comme prevu, routes enneigees.
Heureusement qu'on habite chez les riches qu'on deneige en priorite.
Vol retarde, mauvaise file d'attente, embrouille de passeport, tout etait la pour nous faire rater ce vol.
Contre vents et marees, nous voila partis ... et meme arrives avec seulement 4 heures de retard.



Voiture, hotel, et premiere margharita a Valladolid dans un resto routard excellent.
Marie a mal au ventre. Marie vomit. Marie s'endort tandis qu'on termine nos assiettes..
Valladolid est sans controverse (il fallait que je la place) une petite ville attachante qui constitue un excellent point de depart pour notre decouverte du Yucatan rural.
Triporteurs, mobilettes surchargees, circulation au petit bonheur,
Et les couleurs...
Du pastel au criard, une pallette extraordinaire de tous les tons imaginables s'etale sur les facades, les habits, les voitures, les enfants, les jeunes, les vieux, les bruns, les bruns et meme sur les bruns.
Troisieme element: l'eglise. Elle trone au centre de l'agglomeration sue la place principale (le zocalo) et est d'une taille monumentale.



Pas trop touristique, la ville est en pleine renovation et sera d'ici quelques annees une destination courue pour son cote typique-mexicain-plus-authentique-tu-meurs. Les bobos que nous sommes ne s'y sont pas trompes, ecumant les magasins bio/fringues/statues mayas...
Ci contre les filles en plein test de chocolat maya!

samedi 19 décembre 2009

C'est loin Mexico?




Tu le crois, toi?
Moi non!
Je pensais que notre prochain article décrirait des ruines mayas.
Pyramides, jungles, hamacs et coraux.
Tu parles!
40 cm de poudreuse, déneigeuses, saleuses, types qui se balladent à ski sur Johnson avenue, luges et après ski.
C'est Chamonix sans les montagnes.
Desperate housewives sous l'igloo!

Cerise sur le gateau (ca se dit "icing on the cake" ici), périph congestionné, autoroutes bouchonnèes, ... et aéroports fermés!!
Au dernières nouvelles, le vol est maintenu.



Du coup j'ai déneigé a moitié de la rue avec ma pepelle et mes petits bras musclés.
Plus de mon age, j'ai les reins en marmelade.
Heureusement , ma douce aussi compatissante qu'émoustillée par la performance me soignera d'un petit massage réparateur!!

dimanche 1 novembre 2009

New Mexico, Part one

Qu'est ce qu'on va faire pour la Toussaint?
Entendu parler du Nouveau Mexique?
On prend un vol et un RV, notre formule favorite pour aller vérifier sur place les trois clichés à propos de cet état
- Y'a personne. 2 millions d'âmes dans les 2/3 de la France, ca laisse de l'espace pour s'ebattre
- Y'a des indiens, des cow-boys et des artistes
- Y'a la bombe atomique


Albuquerque

Pour vous le faire chronologique, on a atterri à Albuquerque (prononcer albeuqueurki).
Dans un tout petit centre ville imitation adobe (un mélange de terre/paille que les indiens utilisaient pour construire leur maisons), nous visitons quelques galeries où un peintre indien très francophile nous a dédicacé une litho, puis le musée du serpent à sonnette plutôt scary où on apprend que les crotales dorment car il fait beaucoup trop froid (on se rassure comme on peut).



Bref, même pas peur. Pour peu, Marie leur auraient même chatouillé le menton!!











Ancienne route desservant des mines en plein désert, cette byway est censée nous faire découvrir des paysages fantastiques.
Si les paysages nous ont laissés sur notre faim (faut dire qu'on commence à être difficiles!), les gens, eux nous ont vraiment plu.

En fait, les mines ont fermé depuis belle lurette et les quelques villages de cette route seraient aujourd'hui des villes fantômes si des beatniks, puis des hippies, et enfin les bikers ne s'étaient pas entichés de l'endroit dans les années 60/70.
Et les baba-cool, c'est bien connu ont un sérieux penchant pour la création tous azimuts à partir du moment où ils n'ont ni faim, ni froid.
Et ici, c'était le cas.








On a donc visité Madrid (prononcer mad-rid et non maidrid, ce qui sonne trés curieusement aux oreilles US).
Une communauté post-bab dans une ambiance très relax cohabite avec les bikers et les marchants d'art. Une Fanny pop-art nous attendait au resto où le patron nous aurait bien fait visiter le musée de la mine lui même s'il n'avait été si occupé.





Un papi tout droit sorti de woodstock nous a tiré les cartes (Marie va connaitre le grand Amouuuur!). On lui a pris un petit angelot plus Rubens que Michel-Ange pour le ramener en France. Ca lui faisait trop plaisir!!












Ca crée partout, à partir de tout et n'importe quoi.
Récup est le mot d'ordre.
On recycle, on détourne. C'est déjanté sans trop se prendre au sérieux.
Un régal








Les jardins ressemblent plus à des zones qu'à des ateliers, mais les résultats sont surprenants. Et on a vraiment beaucoup aimé.









A la fin de la piste, un village quasi fantôme nous attendait.
Architecture pueblo, rues en terre battue. Pas un chat.
Mais le Mary's bar. On pouvait pas rater ca!!










Enfin, on est arrivés à la Capitale: Santa Fé.
Début 20ème, un architecte visionnaire a décrété qu'ici, l'architecture serait homogène et préserverait le style historique du Nouveau Mexique.
Le résultat est vraiment inhabituel aux US.
Pas un immeuble.

On se déplace à pied.

Tout les bâtiments obéissent à des règles strictes.
Une réussite!










On arrive à la nuit dans une lumière d'orage incroyable.
Le ciel violet sur les façades oranges nous fait comprendre pourquoi tant de peintres et de photographes ont flashé sur cet endroit.






Santa fé est la plus ancienne ville des USA (fondée par les mexicains avant l'arrivée des colons du Mayflower).
L'histoire ici est indienne, espagnole, et yankee.



On y trouve des témoignages des guerres et de divers massacres dont tour à tour chaque communauté fut la victime ou le bourreau.
La plaque ci contre sur un obélisque en plein centre ville rend hommage aux valeureux héros qui tombèrent tués par les sauvages indiens. Vous noterez que le "salvage" a été minutieusement ôté au burin ... par un activiste indien.












Santa Fé est aussi devenue un summum de branchitude artistique.
Les riches y font leur marché pour quasiment rien.
On a vu un type acheter quatre superbes statues tendance afro ethniques, on n'a pas pu compter les zéros du chèque!!
Cela dit, nous aussi, on aurait bien rapporté quelques unes des babioles qu'on a entraperçues dans ces galleries tellement tendance!




En tous cas, un indéniable charme de cette ville réside dans ces ballades où les galleries d'art remplacent avantageusement les habituels magasins de fringues et de souvenir made in China